Le harcèlement de rue, un révélateur de la place des femmes dans la société?



Les femmes et les hommes apprennent et intériorisent dès le plus jeune âge  une répartition spatiale sexuée


L’éducation donnée aux enfants ainsi que la géographie des villes peut induire  l’expulsion des femmes de l’environnement extérieur et aboutir au fait que la place des femmes soient au foyer et non pas dans l’espace public.

 

En effet, l’éducation des femmes a une place principale dans leur vie. Les parents étant les premiers agents de socialisation d’un enfant, ils agissent énormément sur la socialisation de leurs progénitures. Ils proposent aux filles de jouer à des jeux d’intérieurs tel que la dinette, la poupée, ce qui a pour but d’apprendre à ces jeunes filles à être « de bonnes mères ». A l’inverse, un garçon est amené à jouer à des jeux d’extérieur comme le vélo, la trottinette, la construction de cabanes.

 

Cette socialisation différenciée selon le genre amène un usage différencié de l’espace public entre les sexes. Comme l’explique Yves Raibaud, dès l’enfance il y a un usage différencié de l’espace public, visible notamment dans la cour de l’école. Les filles ne s’approprient pas l’espace, restant au bord, tandis que les garçons  occupent l’espace. De plus, dans La ville faite pour et par les hommes, il explicite que plus de 75% du budget des villes est consacré aux hommes pour le développement des infrastructures. Les villes possèdent alors principalement des infrastructures dédiées aux hommes comme de nombreux skate-parks, des city-stades. De ce fait, les femmes fréquentent très peu ces lieux, ou bien elles ne les voient même pas. Par conséquent, elles sont plus ou moins résignées à rester chez elles.

 

Comme nous pouvons le voir, les hommes s’attardent dans la ville étant donné qu’ils occupent des infrastructures. En revanche, les femmes se déplacent uniquement. Ce déplacement a pour but d’aller faire les courses, de récupérer les enfants à l’école et de se rendre au travail. Par conséquent les femmes ne restent point dans la rue étant en continuel déplacement.

 

Yves Raibaud, géographe et chargé de mission pour l’égalité hommes-femmes dans la ville de Bordeaux parle également d’une « double disqualification » du sexe féminin dans l’espace public. Cette double disqualification est fondée sur le nom des rues, en effet, une étude menée en 2014 par l’ONG montre qu’il y a seulement 2% des rues françaises qui bénéficient d’un nom féminin. Cette faible présence de rues féminines est due au fait que le sexe féminin a longtemps été évincé de l’Histoire ; quant à celles qui ont marqué l’Histoire ou la culture française comme Georges Sand, on les sous-qualifie. Il y a donc une double disqualification : le sexe féminin est moins présent dans l’espace public, et les femmes qui sont présentes ne sont pas reconnues. Il parle alors « d’un cercle vicieux ».

 

Les infrastructures et l’aménagement des villes contribuent à l’évincement des femmes dans l’espace public et à l’appropriation de l’espace public par les hommes. De ce fait, on assiste à un usage différencié de l’espace public entre les sexes.

 

De plus, lors de notre expérience sociologique, un homme a évoqué le fait que les femmes selon lui « n’avaient rien à faire dans la rue », ce qui est l’illustration précise de cette socialisation différenciée. Cependant, les femmes sont en lutte permanente face à ces stéréotypes en sortant de chez elles, en prenant le métro, en allant travailler…

 

 


Egalité entre les sexes : l’égalité prônée entre Homme et Femme est-elle réelle ?


L’égalité des sexes est une théorie d’après laquelle le sexe féminin et le sexe masculin devraient subir un traitement identique. Ils ne devraient pas faire l’objet de quelconque discrimination établie sur leur appartenance à un des deux sexes, « hormis les cas où une différence de traitement serait justifiée par une différence biologique valable ». L’égalité des sexes est un but de l’Organisation des Nations Unies en 1948, dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. L’ONU prévoit une parité en droit et dans des situations sociales, comme le fait d’obtenir une rémunération identique pour une activité identique.

 

La lutte pour l’égalité entre les hommes et les femmes, aujourd’hui renommée par le gouvernement  «égalité femmes-hommes » est une affaire d’Etat depuis très peu de temps. L’Etat français qualifie ce sujet de « première importance », c’est le Ministère des Familles, de l’enfance et des droits de femmes qui travaille autour de la parité entre les sexes. L’égalité des droits des femmes et des hommes est aujourd’hui mentionnée dans la loi, ce qui n’a pas toujours été le cas.

 

C’est seulement depuis moins d’un siècle que les femmes obtiennent petit à petit les mêmes droits que les hommes, ce résultat est la conséquence d’un travail de longue haleine, mené par de nombreuses féministes. Les femmes n’obtiennent le droit de vote et d’être éligibles dans les mêmes dispositions que les hommes qu’en 1944. La loi Roudy sur l’égalité des rémunérations entre les femmes et les hommes n’a vu le jour qu’en 1983.

 

Des disparités selon les sexes demeurent encore présentes dans la société actuelle. En moyenne, les femmes sont rémunérées 15.5% de moins que le sexe masculin à travail égal, d’après l’Institut Eurostat (chiffres de 2014). Quant à l’Observatoire des inégalités, il estime que « pour tout temps de travail confondu, les hommes gagnent 23.5% de plus que les femmes ». De plus, la présence des femmes en politique illustre également les inégalités dans notre société. Bien que cette parité des hommes et des femmes en politique suit une progression, celle-ci n’évolue que lentement. Selon l’Observatoire des inégalités, « on ne compte que 27% de femmes à l’Assemblée nationale, 25% au Sénat. Celles-ci ne dirigent que six des plus grandes villes de France ».

                             

Ces inégalités souvent invisibles contribuent à construire une culture que l’on peut qualifier de machiste, qui désigne les hommes comme supérieurs aux femmes et positionne les femmes à une place inférieure à celle des hommes dans la société actuelle. Pour parvenir à une parité réelle, il faut auparavant être convaincu que les femmes et les hommes sont égaux. Et cette conception ne va malheureusement pas de soi pour certaines personnes.

 

 





©MathildeC/MathildeB